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L’amour et les retrouvailles faites par LinkedIn peuvent mener des gens à poser des gestes qu’on regrette, tel que le démontre l’affaire Torok c. Lascau Coman, 2016 QCCS 17.

Monsieur Torok retrouve madame Coman sur LinkedIn – ils étaient des amoureux lors de leur jeunesse en Roumanie lors du régime de Ceucescu, et madame Coman est alors tombée enceinte. Elle voulait marier Torok, mais lui, n’était pas intéressé. Madame Coman s’est fait avorter et cela a été difficile pour elle.

Les années passent – Torok déménage en Hongrie et devient prospère. Coman, elle, se marie, déménage à Montréal où elle vit, divorcée et travaillant comme scientifique.

Le couple se réunit par LinkedIn, et les retrouvailles se font à Montréal. Torok veut que Coman aille vivre avec lui en Hongrie. Il lui transfère 125,000$ pour le paiement de son hypothèque et 21,000$ pour d’autres dépenses. Tout cela parce qu’il l’aime et il veut l’aider. De nombreux courriels exprimant son amour, sa passion et son admiration pour Coman lui sont envoyés.

Coman se rend en Hongrie – après 8 mois, la lune de miel achève, Coman trouvant que son amoureux est abusif verbalement, et elle retourne au Canada.

Torok envoie des courriels demandant le remboursement d’argent, que Coman refuse. Torok entreprend des procédures pour réclamer l’argent qu’il a envoyé à Coman.

La Cour analyse la preuve, qui est composée des courriels, des échanges entre les parties et du témoignage de chacun et conclut qu’il n’y a aucune preuve que l’argent avancé constituait un prêt. Au contraire, dit la Cour, il s’agissait d’un cadeau, car Torok se sentait mal de son comportement à l’égard de Coman quand il l’a laissée lors de leur jeunesse en Roumanie.

Les sommes avancées étaient des cadeaux, conclut la Cour.

Morale de l’histoire : si c’est un prêt, il faut avoir un écrit… Et si on fait des cadeaux, il ne faut pas s’y attendre qu’on les retourne…